Sous le signe du cynisme et de la
gaieté
Eblouissant Claude Semal, caustique
Michel Bülher, regretté Pierre Desproges : le festival
"Hyark, hyark !" était excellent, le week-end
dernier à Moutier.
Hyark, hyark ! le festival cynique et gai qu'a concocté
Patrick Charmillot ce week-end à Chantemerle n'a peut-être
pas rempli la salle, mais quelle réussite. Le jeune organisateur,
qui fait à peu près tout lui-même, de l'engagement
des artistes au recrutement du pompier de service, avait, il est
vrai, mis le paquet. Un hommage visuel et sonore rendu samedi
soir à Pierre Desproges, soirée encadrée
par deux spectacles donnés en première suisse :
Le cimetière des Belges, de Claude Semal, vendredi,
et L'homme qu'il nous faut, de Michel Bühler, dimanche.
De bout en bout, de la haute qualité.
Ah! Claude Semal... La coupe Tintin, l'accent belge, l'expression
flamande glissée juste pour faire monter la mayonnaise,
l'humour ravageur porté par l'esprit jusque dans les pires
grossièretés - qui n'en sont jamais, et c'est ça
l'esprit. Voici un type à part, chevauchant, triomphant,
une imagination qui pétarade tous azimuts. Un humoriste
de haute volée, Semal, qui bouffe du Belge comme en bouffent
le Français, le Romand et tout bon francophone (ne nous
gênons pas, ça fait branché), mais avec talent,
lui.
Bon, il parle de moules et de frites, du Mannekenpis, de la Cour,
des travers flamands, des travers wallons, de tous ces clichés
qui nous ébaudissent.
Et c'est cruel, et c'est ravageur, mais quel ton ! Non non, ce
n'est pas la plaisanterie belge, c'est beaucoup plus assassin
que ça. Mais ce règlement de compte, ce piétinement
est orchestré avec tant d'intelligence, il contient tant
de magie poétique qu'il s'emplit de tendresse. Une grande
musique. On se dit, heureux les peuples passés à
la moulinette par un chantre de cet acabit. Eh oui, un chantre
fielleux, cynique, qui dit sa passion à l'envers.
Chanteur comme Claude Semal, Michel Bühler donne lui aussi
dans le spectacle théâtral, et lui aussi règle
un compte, mais sur un tout autre ton. Là où Semal
explose, laisse courir son esprit dans les plus lointaines contrées
de la loufoquerie, avec, cependant, un sens de l'observation terriblement
tranchant, Bühler, observateur lui aussi de pratiques politiques
plus en vogue que jamais, attaque par le biais d'une certaine
retenue. L'homme qu'il nous faut, ce Jacques Borgeaud préparant
sa campagne électorale, déclenche le rire ou l'agacement
par des énormités hélàs pas si surréalistes
que cela.
(la dernière collone de l'article est rognée...)
La (?) pouvoir, le mensonge, (?) nisme, l'écrasement.
Un (?) ble ne pensant voir que (?)diocrité au-dessous de
(?) ça peut marcher un m(?) l'histoire le démontre
(?) jour.
C'est en avant-première (?) le public prévôtois
a pu (?) nouveau spectacle de (?) Bühler, dont la tourn(?)
commencera officiellement (?) cet automne. Et c'est (?) mière
suisse qu'il (?) cimetière des Belges (?) mal avait
joué triompalement (?) pendants quatre mois à Bruxelles.
Quant au ch(?) émissions radiophoniques (?) télévisées
de Pierre Desproges - qui a servi de fil rouge (?) festival -
il a été fait sp(?)ment pour ces trois (?) Patrick
Charmillot a (?) monde, qui aurait pu être (?) nombreux,
c'est vrai. (?) des bières belges servies (?) tracte et
à la fin des spe(?) est néanmoins épuisé,
(?) ces excellentes croustad(?) fruits d emer et ces (?) belges
préparées par (?) Sancassant qui ajoutaient (?)
fête
Jean-Pierre GIROD
Légende de la photo : Claude Semal a fait l'unanimité
à Moutier. Photo Jean-Marc Steiner
La