Bruxellois de Saint-Gilles, chanteur
caustique mais tendre, créateur prolixe, homme engagé
et fidèle en amitié, solitaire qui aime partager,
Claude Semal est une de ces rencontres découvertes dans
"un resto du coin" qui lui va bien.
Claude Semal... il est fou !" "Ah
oui, ce chanteur roux, j'ai entendu parler de son "Démocraton"
au Public en décembre, ça avait l'air dingue, non
?" "C'est un anar". Pourtant c'est une toute
autre impression qui se dégage de la rencontre avec ce
chanteur, célèbre habitant de Saint-Gilles depuis
trente ans. Pour mieux le connaître, il suffit de lire les
paroles de ses chansons - "De ce côté là,
je suis assez transparent" - et l'on peut voir ainsi
dans quelle catégorie l'artiste se range. " Mais
j'suis pas Fernand Raynaud / ... / Moi mon créneau c'est
le succès d'estime"."En Belgique francophone,
le star-système est limité. Je fais partie de ces
inconnus célèbres qui sont connus des gens qui les
connaissent", sourit-il. Et ça lui convient comme
ça, il va même jusqu'à considérer qu'il
a sa juste place dans la presse écrite... Serait-il en
fin de compte heureux et joyeux, Claude Semal ?
On l'a souvent défini comme un humoriste.
La mèche à la Tintin et l'apparente désinvolture
de ses chansons satiriques y sont sûrement pour quelque
chose. Lui "décline ce plaisir... Je suis plutôt
un dépressif qui s'ignore". Mais il ne joue quand
même pas dans la même cour que Robert, le personnage
qu'il interprète sur la scène du Marni dans "L'Hymne
à l'amour" de Bruno Belvaux et Jean Lambert : un chanteur
sur le retour, "en déprime et alcoolique. Un type
tordu que j'aime jouer mais avec qui je ne passerais pas un week-end
à la campagne... Il n'y a que ma mère qui trouve
que je lui ressemble", dit-il un peu désabusé.
Pour contrer tout ça, Claude Semal
bénéficie de ce que l'on pourrait appeler "l'effet
Loli". Le chanteur l'a rencontrée à une époque
où il se sentait déjà prépensionné,
complètement rangé des voitures. La comédienne
au prénom pirouette lui a fait partager son optimisme et
depuis cinq ans, ça va, il a le sourire doux et quelques
idées derrière la tête... de couches-culottes
et d'aventures paternelles.
En attendant, il s'occupe de ses "Chaussettes
célibataires", du nom de son spectacle qu'il avait
joué à Bruxelles en 2002 et qu'il reprend pour une
tournée en Wallonie. Et cet été, le cinéma
l'attend : il va jouer le rôle d'un sidérurgiste
dans un film de Lucas Belvaux. Travailler à droite, à
gauche, il aime assez. Surtout à gauche d'ailleurs !
"Je sais que je ne suis plus marxiste révolutionnaire
mais ce que je trouvais insupportable il y a 35 ans continue à
m'insupporter aujourd'hui. Je soutiens par exemple le combat des
collectifs contre les centres fermés."
Travailler est aussi un moyen de se socialiser.
Sinon, Claude Semal aurait très bien pu être moine
: la méditation, les retraites pour écrire ponctuent
sa vie d'homme plutôt couche-tôt, lève-tôt.
Ça lui permet aussi de rêver à la maison de
ses rêves, là-bas en Provence. S'il l'avait, il quitterait
tout pour s'y installer. Tranquille, comme un chat sur une pierre
chaude... Un jour, sûrement !
CV Express :
6 Mars 1954 : Naissance à l'Hôpital
Saint-Pierre
1965 - 1971 : Humanités latin-science à
Uccle 1
1972 : Ouvrier maroquinier à Saint-Gilles
et premières chansons au "Grenier aux Chansons"
de Jane Tony.
1986-1987 : "Odes à ma douche"
à La Samaritaine
1988-1989 : Formation théâtrale à
la Kleine Akademie
1995-2000 : Fonde et anime avec Charlie Degotte
le "Théâtre Le Café" à
Saint-Gilles.
1995-2000 : Psychanalyse
2003 : Création du spectacle "Les
chaussettes célibataires" au Public et CD
homonyme (le 8°!)
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Claude Semal, tranquillement installé au Saint-Bernard
(photo Bénédicte Maindiaux)
Mon "Stamcafé"
Le Saint-Bernard se trouve rue Saint-Bernard à Saint-Gilles,
tout près de chez moi. C'est un resto de quartier spécialisé
en viande rouge et cuisine belge où viennent des habitués,
c'est très bon.
Baudouin Rappé y sert des brochettes d'agneau et autres
rognons/croquettes absolument délicieux depuis 17 ans dans
un cadre rustique.
Rue Saint-Bernard, 137 - 1060 Saint-Gilles.
Ouvert de 12 à 14h et de 19 à 22h. Fermé
dim., lu. et sam. midi.
Mon petit Proust
Mon trait de caractère : Entier avec un certain
sens du paradoxe
Ma qualité préférée chez les
hommes : la générosité
Et chez les femmes : la générosité
aussi.
Mon défaut : la négligence
Ma qualité : je la cherche.
Mon rêve de bonheur : un chat qui dort au
soleil. Mais où est la maison ?
Ma devise : lue au dos d'un T-shirt : "Ne me
suivez pas. Moi aussi, je suis perdu".
J'aime/J'aime pas
J'aime les sentiers de grandes randonnées et je n'aime
pas le bruit de l'aspirateur.
J'aime écrire dans la solitude et chanter pour la foule.
De façon générale, je n'aime pas qu'on m'emmerde.
J'aime mon métier, parce qu'il est l'exercice d'une liberté
et non d'un pouvoir. J'aime qu'on me surprenne et j'aime choquer.
Mais je déteste les malentendus. J'aime la gentillesse
des bourrus et je déteste la politesse des faux-culs.
J'aime Loli des pieds à la tête et je n'aime pas
ceux qui n'aiment pas Loli.
Ma tribu
Une tribu mouvante que la vie et les aventures artistiques recomposent
en permanence... Ivan Fox, Charlie Degotte, Jacques-Ivan Duchesne,
Diane Broman, Christian Duray, Pierre Jacqmain, Eric Bribosia,
Vincent Trouble, Jan Bucquoy, Jean-Michel Dhoop, Carine et Gino
Russo, Max Vandervorst, Bruno Belvaux, Jean Lambert, Olivier Blin,
Bruno-qui-s'occupe-de-mon-site (www.claudesemal.com). Toute ma
famille. Et bien sûr Loli.
Mes lieux à Bruxelles
"La Brasserie Verschueren", "Le Café de
l'Union" au Parvis de St-Gilles.
Côté spectacles : La Samaritaine, La Soupape, Le
Public, les Martyrs, le Poche, la Balsamine. Pour les balades
: le marché du Parvis de St-Gilles et le Bois de la Cambre.