POUR EN FINIR AVEC
La Belgique de Merckx à Marx
De Claude Semal
(Ed. Luc Pire, rue Lesbroussart 76, B-1050 Bruxelles, 160 p.)
Tour à tour barbu-chevelu, moustachu dégarni ou
Tintin en houpette, voilà pour le look. Quant au reste,
Claude Semal demeure le même : un chantre de la belgitude,
pratiquant "dans un pays qui n'existe pas, un mode d'expression
qui existe de moins en moins". Car Semal, faut-il le
préciser, est Belge. Bruxellois par surcroit. Ce qui, pour
les connaisseurs, apporte une clarté particulière
sur ce personnage qui excelle dans la bouffonnerie dénonciatrice.
Relativement méconnu en Hexagonie (cf. Chorus 2, Rencontre),
en raison sans doute de la non distribution de la quasi-totalité
de sa discographie, Semal exerce ses activités de trublion
bien au-delà du cadre chansonnier. Acteur, créateur
de compagnies, revuiste, journaliste, il mène son combat
sur tous les fonts, prenant un malin plaisir à malmener
ses compatriotes. La trentaine de chroniques, de textes de scène
regroupés dans ce livre - qui paraît en même
temps qu'un album, Claude Semal en fanfare, comprenant
toutes les chansons du spectacle Ma première tournée
mondiale (Franc'Amour FC 106, distr. Sowarex, rue PE Janson
9, 1050 Bruxelles) nous invitent d'ailleurs à un voyage
dans l'imaginaire du "pays petit" , là
où le football est roi, au même titre que le bock
de bière et Albert de Liège.
Mais cette plongée dans l'inconscient collectif d'un royaume
miniature amène Claude Semal à égratigner
la plupart des poncifs médiatiques de notre temps : drogue,
bavures, avortement, chômage, sponsoring, culture... Des
sujets que l'on retrouve dans la quarantaine de titres figurant
en fin d'ouvrage.
"Avec la bière et avec les frites, les belges
ont, déjà, apporté deux fois le bonheur à
l'humanité". Avec Semal, disons qu'ils sont à
présent en mesure de passer au triptyque !
Serge DILLAZ